Fiche de paie et arrêt maladie : ce qui change sur votre bulletin
Temps de lecture : 6 min
Un arrêt maladie transforme en profondeur la structure de votre fiche de paie. Le salaire normal disparaît en partie, remplacé par des indemnités journalières et — si vous avez de l'ancienneté — un maintien de salaire par votre employeur. Voici comment ça fonctionne et ce que vous pouvez estimer.
Les trois acteurs qui interviennent pendant un arrêt
Pendant un arrêt maladie, votre rémunération ne vient plus d'une seule source :
1. La Sécurité sociale verse des Indemnités Journalières (IJSS) à partir du 4ème jour d'arrêt. Les 3 premiers jours sont le délai de carence — aucune indemnité n'est versée pendant cette période.
2. Votre employeur peut compléter les IJSS pour maintenir tout ou partie de votre salaire. Ce maintien dépend de votre ancienneté et de votre convention collective — il n'est pas uniforme.
3. Votre mutuelle peut parfois intervenir en complément, selon votre contrat de prévoyance.
Comment sont calculées les IJSS ?
La formule est fixée par la Sécurité sociale :
IJSS = 50% du salaire journalier de référence (SJR)
Le SJR se calcule ainsi :
Moyenne des 3 derniers salaires bruts ÷ 91,25
Le résultat est plafonné. En 2026, le montant maximum des IJSS pour un arrêt maladie ordinaire est de 42,97 €/jour (source : ameli.fr).
Exemple concret pour 3 333 € brut mensuel :
- SJR = (3 333 × 3) ÷ 91,25 = 109,62 €/jour
- IJSS théoriques = 50% × 109,62 = 54,81 €/jour
- Mais le plafond 2026 est 42,97 €/jour — c'est ce montant qui s'applique
Pour un arrêt de 30 jours (hors 3 jours de carence), les IJSS représentent environ 27 jours × 42,97 € = 1 160,19 € versés par la Sécurité sociale.
Le maintien de salaire par l'employeur
La loi impose un maintien partiel du salaire après 1 an d'ancienneté, mais les modalités exactes dépendent de votre convention collective. L'ANI (Accord National Interprofessionnel) prévoit en règle générale :
- 90% du salaire brut pendant les 30 premiers jours (après 1 an d'ancienneté)
- Puis 66,66% pendant les 30 jours suivants
Concrètement, l'employeur verse la différence entre ce maintien et les IJSS perçues. Ce n'est pas un versement en double — c'est un complément.
Important : ces règles varient significativement selon les conventions collectives. Certaines prévoient un maintien à 100% dès le premier jour, d'autres s'en tiennent au strict minimum légal. Consultez votre convention ou votre service RH.
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Moteur de calcul : Mon-Entreprise (URSSAF) · Barèmes 2026
Ce que ça donne sur la fiche de paie : exemple à 3 333 € brut
Voici une estimation pour un arrêt de 30 jours, salarié non-cadre avec 1 an d'ancienneté, convention ANI, taux PAS neutre. Ces chiffres sont indicatifs — ils varient selon votre convention collective et votre situation.
| Élément | Montant estimé |
|---|---|
| Salaire brut pour les jours travaillés | Proratisé selon les jours réels |
| Délai de carence (3 jours) | 0 € |
| IJSS brutes (27 jours × 42,97 €) | ~1 160 € (versées par la CPAM) |
| Complément employeur (maintien 90%) | ~520 € brut environ |
| Net perçu estimé | ~2 700 à 2 900 € selon convention |
L'écart par rapport au net habituel (~2 617 €/mois à temps plein) peut sembler faible sur un mois, mais il s'accumule sur les arrêts longs. Au-delà de 30 jours, le maintien diminue et l'écart se creuse.
Ce qui change sur les cotisations
La structure de la fiche de paie est différente d'un mois normal :
- Les IJSS ne sont pas soumises aux cotisations sociales habituelles (retraite, chômage) — elles sont exonérées de cotisations patronales et salariales
- Les IJSS sont soumises à la CSG à 6,20% + CRDS à 0,50% = 6,70% total, sans abattement pour frais professionnels (au lieu de 9,70% sur 98,25% du brut pour un salaire normal)
- Le net imposable diminue par rapport à un mois normal, ce qui peut légèrement modifier votre taux PAS l'année suivante
- Les points AGIRC-ARRCO ne s'accumulent pas pendant la période non travaillée (sauf maintien complet)
Ce qu'il faut retenir
- Les IJSS démarrent au 4ème jour — les 3 premiers jours sont à la charge du salarié (sauf convention plus favorable)
- Le montant des IJSS = 50% du SJR, plafonné à 42,97 €/jour en 2026 pour un arrêt maladie ordinaire (source : ameli.fr)
- Le maintien de salaire par l'employeur dépend de votre convention collective — vérifiez avant de partir en arrêt
- Les IJSS sont imposables et soumises à la CSG/CRDS à taux réduit (6,20%)
- Les trimestres de retraite de base continuent de se valider, mais pas les points AGIRC-ARRCO
Questions fréquentes
Est-ce qu'on perd des droits à la retraite pendant un arrêt maladie ?
Les trimestres de retraite de base continuent de se valider pendant un arrêt maladie indemnisé. En revanche, les points AGIRC-ARRCO ne s'accumulent pas pendant la période non travaillée, sauf si l'employeur maintient le salaire complet.
Les IJSS sont-elles imposables ?
Oui. Les indemnités journalières sont imposables et soumises à la CSG/CRDS à taux réduit (6,20%). Elles apparaissent sur votre déclaration de revenus et sont intégrées dans le calcul de votre taux de prélèvement à la source pour l'année suivante.
Qu'est-ce que le délai de carence ?
Le délai de carence est la période de 3 jours pendant laquelle aucune IJSS n'est versée. Votre employeur peut couvrir ces 3 jours via le maintien de salaire — cela dépend de votre convention collective.
Le maintien de salaire est-il obligatoire ?
Pas systématiquement au-delà du minimum légal. La loi impose un maintien partiel après 1 an d'ancienneté, mais le niveau exact (90%, 100%, durée) dépend de votre convention collective.
Comment calculer ses IJSS ?
IJSS = 50% du SJR, avec SJR = moyenne des 3 derniers salaires bruts ÷ 91,25, plafonné au maximum légal. En 2026, ce plafond est de 42,97 €/jour pour un arrêt maladie ordinaire (ameli.fr). Pour 3 333 € brut mensuel, le calcul théorique donne 54,81 €/jour mais le plafond s'applique : les IJSS réelles sont donc de 42,97 €/jour.
Cet article est à titre informatif. Les montants indiqués sont des estimations basées sur les règles générales 2026 (ANI, barèmes URSSAF). Ils varient selon votre convention collective, votre ancienneté, votre mutuelle et votre situation personnelle. Consultez votre service RH ou un conseiller pour votre cas précis.

